Gloire au Travail, Mépris à la Paresse, Le Travail et l'Honneur, voilà notre richesse". Telle était la sentence inscrite sur les diplômes des compagnons charpentiers au XIXe siècle. Elle a conservé sa valeur aujourd'hui, car les compagnons savent que l'exercice de leur métier, le savoir, l'effort, le travail, la main et l'outil servent autant à édifier des monuments et des
chefs-d'oeuvre qu'à construire des hommes.

Moulage des mains
du Compagnon Plâtrier du Devoir
Amédée Puisais dit
“La Gaieté de Rochecorbon”
(1893-1972)
Les compagnons du tour de France sont d’abord des hommes de métiers. Le métier est une activité « manuelle » liée à la transformation de la matière. En sont donc exclues les professions intellectuelles et de services telles qu’architecte, comptable, vendeur, ingénieur, médecin, etc. Le métier recouvre un processus complet de transformation et non une fraction très spécialisée d’activité. Les métiers du Compagnonnage peuvent être répartis selon les matériaux travaillés : le bois, la pierre, les métaux, le cuir et les textiles, l’alimentation.
L’un des buts du Compagnonnage est d’assurer un perfectionnement professionnel aux jeunes ouvriers à leur sortie d’apprentissage. Le travail assidu, l’acquisition de nouvelles techniques et tours de mains, l’élargissement des connaissances de base à d’autres disciplines, sont encouragés. Il s’agit pour un compagnon de toujours essayer de faire mieux.
Être compagnon, c’est mériter un titre et la reconnaissance de ses pairs. Cela suppose d’abord d’être un ouvrier compétent dans son métier. Le candidat doit donc le prouver en fabriquant un chef-d’œuvre ou travail de réception.
Les compagnons des métiers du bois sont les charpentiers, les menuisiers, les ébénistes, les charrons, les tonneliers-doleurs, les sabotiers, les tourneurs et les vanniers. La variété des bois et ses usages multiples ont donné lieu à des travaux très différents : charpentes, portes et fenêtres, meubles, roues et voitures attelées, fûts et foudres à vins et alcools, sabots et galoches, corbeilles et paniers. Leurs chefs-d’œuvre de réception et leurs travaux de prestige sont représentés au musée du Compagnonnage.
Les compagnons tailleurs de pierre ont conservé une réputation d’excellence due à leurs connaissances dans l’art du trait et à leurs prestigieuses constructions. Ils se sont adjoint les maçons avec le développement du béton armé. Au secteur de la pierre, on peut rattacher les plâtriers et les couvreurs, car ces derniers travaillent l’ardoise, posent des tuiles, etc., bien que leur activité soit parfois commune avec celle des charpentiers.
Les compagnonnages associés au travail des métaux comprennent aujourd’hui les forgerons, les mécaniciens, les serruriers-métalliers, les maréchaux-ferrants, les carrossiers, les chaudronniers et les plombiers-zingueurs. La variété des métaux et alliages (fer, acier, cuivre, laiton, plomb, zinc, bronze) leur permet de confectionner des œuvres de formes très différentes.
Ce secteur d’activité comportait plusieurs compagnonnages de métiers que l’industrie et la mécanisation ont fait disparaître en partie, dont ceux des cordiers, tisseurs-ferrandiniers, chapeliers, tisserands, teinturiers, tailleurs d’habit, tondeurs de drap, tanneurs-corroyeurs, blanchers-chamoiseurs (mégissiers). Aujourd’hui sont encore représentés les compagnons cordonniers-bottiers, selliers-bourreliers, maroquiniers et tapissiers.
Les métiers de l’alimentation sont représentés depuis le XIXe siècle par les compagnons boulangers du Devoir (1811). S’y sont joints les cuisiniers (1900), les pâtissiers, les confiseurs, les charcutiers-traiteurs. Seules des œuvres en pastillage (sucre glace, eau, gélatine et jus de citron) ou en pâte à nouille peuvent se conserver et donc être exposées.
Les outils font partie de l’environnement du compagnon. Le musée les associe aux autres objets qui évoquent chaque association de métier ou chaque thème.