Français Anglais Musée du compagnonnage à Tours
Musée du Compagnonnage
Musée du Compagnonnage
Imprimer

Actualités

Cette rubrique vous informe des nouvelles pièces entrées au musée, des dernières publications, des préparations d'expositions, des à recherches, des manifestations du Compagnonnage associées au musée...


Week-end Musées Télérama

Week-end Musées Télérama

Cette année le Musée du compagnonnage participera au  Week-end Musées Télérama qui aura lieu les 23 et 24 mars 2013 dans la France entière !

A cette occasion, l'entrée sera gratuite pour les visiteurs qui se présenteront avec un passeport Télérama (publié dans les Télérama du 13 et 20 mars).  En échange nous leur remettrons une "carte pass", valable pour 4 personnes, qui leur permettra d'accéder au Musée du compagnonnage mais aussi aux autres musées de Tours.

Samedi 23 et dimanche 24 mars 2013 de 9h à 12h30 et de 14h à 18h
Présentation du Compagnonnage le samedi à 10h30 et 15h
Jeux pour les enfants

Mis en ligne le : 15/03/2013

L'ouvrier est dans son assiette

L'ouvrier est dans son assiette

«L'ouvrier est dans son assiette  » est l'une des « P’TITES Z’EXPOS » présentée au musée du Compagnonnage du vendredi 1er mars au dimanche 14 avril 2013.
Que nous racontent les 36 assiettes exposées ? D’abord, que les fabricants ont rivalisé d’imagination pour transformer un objet utilitaire en pièce décorative, sans que ces fonctions soient exclusives l’une de l’autre. Ensuite que le monde des métiers y a trouvé sa place depuis le XVIIIe siècle, sous des thématiques variées. Et enfin, que le plaisir d’un repas est associé à son contenant, qui peut, tour à tour, exprimer la piété, l’humour, l’engagement, le souvenir…
Il peut s’agir d’assiettes fabriquées par des céramistes locaux, pour répondre à une commande individuelle (assiettes patronymiques, anniversaires) ou à celle d’une association (série limitée pour des commémorations, des cérémonies). Il peut aussi s’agir d’assiettes fabriquées en série par des fabricants qui les diffusaient dans toute la France : scènes de genre, saints patrons, personnages célèbres, évènements politiques, réalisées par les fabriques de Gien, Creil-Montereau, Sarreguemines, Choisy-le-Roi, en particulier.
Modeste par le nombre de pièces présentées et par la surface disponible, cette exposition n’a d’autre but que de faire découvrir au visiteur une partie de collections conservées dans les réserves du musée ou chez des particuliers. Elle est la première des « P’tites Z’Expos » qui seront présentées dans la première salle du musée, deux fois par an, durant un ou deux mois.

LES THÈMES ÉVOQUÉS

I – LES SAINTS PATRONS DES MÉTIERS
A l’occasion de la naissance d’un enfant, d’un sacrement (baptême, communion), d’un anniversaire, les parents, parrains ou amis de la personne concernée lui offraient une pièce de vaisselle, assiette, plat, gourde, en céramique ou en métal, à son nom. En gage de protection, l’assiette patronymique était illustrée par la représentation d’un saint, associé à une scène de métier qu’il avait exercé ou qu’il protégeait. A partir du milieu du XIXe siècle, les fabriques de céramiques industrielles diffusent aussi des séries sur le thème des saints patrons des métiers et participent au renouveau du catholicisme menacé par la montée de l’anticléricalisme.
1. Saint René, patron des sabotiers.
Terre cuite polychrome, sans nom de fabricant (fin XVIIIe siècle) au nom de « René laurent 1780 ». Diamètre : 22 cm. Coll. M. du Comp.
Saint René, évêque angevin ou italien du Ve siècle, se serait retiré dans les forêts pour y vivre du métier de sabotier (fête le 12 novembre). Il est représenté à gauche, avec ses attributs épiscopaux (crosse et mitre) bénissant un petit enfant emmailloté, qui est sans doute le dédicataire de l’assiette. A droite, un sabotier, assis sur un banc, façonne une pièce de bois avec une hache de type doloire ou hachereau.

 Saint René, patron des sabotiers

2. Saint Crépin et saint Crépinien, patrons des cordonniers.
Porcelaine de la fabrique L. M. et Cie - Creil et Montereau (Louis Lebeuf et Jean-Baptiste Milliet), 2e moitié du XIXe siècle. Diamètre : 20 cm. Coll. L. B.
Les deux saints, exerçant le métier de cordonnier, furent martyrisés à Soissons en 285. Ils sont représentés dans l’exercice de leur métier, revêtus d’un tablier à haute bavette pour se protéger des outils pointus ou coupants (alènes, poinçons, tranchants). L’un, debout, tient un couteau à pied et l’appuie sur une pièce de cuir. L’autre maintient une chaussure sur sa cuisse à l’aide d’une courroie appelée « tire-pied ». Près d’eux, on distingue un baquet à tremper le cuir (appelé « baquet de science ») et un marteau à clouer.
3. Saint Nicolas, patron des mariniers.
Porcelaine de Gien, Geoffroy et Cie, 2e moitié du XIXe siècle. Diamètre 20 cm. Coll. L. B.
Selon la légende, saint Nicolas, évêque du IIIe siècle, sauva trois enfants enfermés par un boucher dans un saloir ; déposés dans une cuve sur une rivière, ils furent recueillis par des mariniers (fête le 6 décembre). L’assiette nous montre le saint évêque étendant la main sur trois enfants dans un baquet. A l’arrière-plan, des bateaux de la marine fluviale, un bateau-lavoir où sèchent des draps, des voiles, une « piautre » (gouvernail) rappellent que le saint protège les bateliers. Le château qui s’élève sur la rive opposée semble inspiré de celui de Gien (Loiret). Le marli est décoré de fleurs et d’emblèmes religieux (croix, couronne d’épine, instruments de la Passion, sacré cœur de Jésus).

 Saint Nicolas


4. Saint Vincent, patron des vignerons.
Porcelaine de la fabrique L. M. et Cie – Creil et Montereau, 2e moitié du XIXe s. Diam. :  20 cm. Coll. M. des Vins de Touraine.
Saint Vincent, martyr en 304 à Valence, est le patron des vignerons en raison de la consonance de son nom (fête le 22 janvier). En habits sacerdotaux, il tient dans une main la palme des martyrs et dans une autre une grappe de raisin. Autour de lui s’alignent des rangs de vigne et sont posés deux fûts et un pressoir. Marli à décor floral.

 Saint Vincent


5. Saint Joseph, patron des charpentiers.
Porcelaine de la fabrique L. M. et Cie - Creil et Montereau, 2e moitié du XIXe siècle. Diamètre : 20 cm. Coll. M. du Comp.
Saint Joseph, père de Jésus, est un charpentier selon les Evangiles. Il tient ici un grand compas pointé sur une poutre et une longue règle. A ses pieds on voit un niveau à plomb et à l’arrière-plan, une pièce de bois reposant sur un tréteau. A gauche, on distingue Marie et l’enfant Jésus, selon l’imagerie classique de la Sainte Famille. Décor floral sur le marli.

 Saint Joseph


6. Saint Joseph, patron des charpentiers.
Porcelaine de Gien, Geoffroy et Cie, 2e moitié du XIXe siècle. Diamètre : 20 cm. Coll. M. du Comp.
Saint Joseph tient dans une main un lys, attribut de la pureté, et dans l’autre un grand compas pointé sur un plan de charpente. Il est au centre d’un chantier évoqué par une cognée, un établi et une varlope et, à l’arrière-plan, deux scieurs de long refendant une poutre. Sur le marli, décor floral et emblèmes religieux, comme sur l’assiette de saint Nicolas, de la même série.

Saint Joseph

II - LES MÉTIERS EN ACTION
Fabriquées pour des particuliers fiers de leur activité, pour les plus anciennes, ou en série, pour illustrer un thème pittoresque, ces assiettes illustrent les nombreuses activités professionnelles des XIXe et XXe siècle. Durant la seconde moitié du XXe siècle, certaines reprennent des images plus anciennes, les métiers disparus ou en passe de l’être commençant à entrer dans le folklore.
7. Le vigneron.
Terre cuite polychrome, sans lieu ni nom de fabricant, début du XIXe siècle. Diamètre : 23 cm. Coll. M. des Vins de Touraine.
Assiette patronymique : « Lautomne. François Pivoit 1805-An XIII ». Un personnage à demi-vêtu d’une peau de bête, tient une serpette dans une main et, de l’autre, maintient droit un échalas autour duquel s’enroule un pied de vigne. Ce vigneron est probablement une représentation de saint Jean-Baptiste, que l’Evangile décrit comme vêtu d’une peau de chameau, car ce saint est aussi le patron des tonneliers.

 Le vigneron

 
8. Le marchand de verres à boire.
Porcelaine, sans nom de fabricant, 2e moitié XXe s. Diam. : 25 cm. Coll. M. des Vins de Touraine.
« Paris 1600 – Marchand de verres » : inspiré d’une gravure du XVIIe siècle, cette assiette nous montre un marchand ambulant transportant sa fragile marchandise sur un étal porté en tablier, où est adapté (peut-être de façon imaginaire), un arbuste aux branches à-demi coupées, où sont accrochés des verres à boire.

 Le marchand de verres à boire


9. Le savetier.
Porcelaine de Sarreguemines, à décor « perse », 2e moitié du XIXe siècle. Diamètre : 20 cm. Coll. L.B.
Titrée « L’art d’accomoder (sic) les restes », l’assiette nous montre un savetier qui fait du neuf avec du vieux, selon l’expression. Pensif, il examine la semelle d’une bottine dans son atelier où s’empilent des bottes dans un coin, et sur sa table de travail un morceau de cuir, un soulier, un marteau, une coupelle à teinture. Au pied de la table se trouve le « baquet de science » destiné à faire tremper le cuir sec. Au mur est accrochée la cage de la linotte ou d’un autre oiseau chanteur, compagnon du savetier ou du cordonnier.

 Le savetier


10. Le tanneur.
Terre cuite polychrome émaillée, imitation ou copie d’une assiette du XVIIIe siècle, réalisée au XXe siècle. Diamètre : 23,5 cm. Coll. L. B.
Un tanneur ou mégissier, tenant son couteau à deux manches, écharne ou ébourre une petite peau posée sur un chevalet. Le dessin est peu fiable sur le plan documentaire, tant par la tenue et la position de l’outil que par le support de la peau, posée sur une table au lieu d’un véritable chevalet semblable à un demi-tronc d’arbre.

 Le tanneur

11. Le marchand de journaux.
Porcelaine de la Société amandinoise de faïencerie, à Saint-Amand-les-Eaux (Nord) ; dessin signé « R. Merrheim br. » (breveté) ; début du XXe siècle. Diamètre : 19,5 cm. Coll. Muriel Méchin.
Légendée « -Demandez dans la rue !! les derr-nières nouvelles !! », l’assiette nous montre un marchand de journaux annonce les dernières nouvelles du journal (imaginaire) « Dans la rue », en reversant les passants dans sa course.

 Le marchand de journaux


12. Le marchand de vinaigre.
Terre cuite polychrome émaillée de la faïencerie tourangelle de Léon Brard (1830-1902) ; 2e moitié du XIXe siècle. Diamètre. 25 cm. Coll. M. des Vins de Touraine.
Titrée « Voilà du bon vinaigre – 1793 », l’assiette nous montre un marchand ambulant de vinaigre sous la Révolution. Il porte une jarre sur le dos, une mesure à verser dans une main et une clochette dans une autre, pour annoncer son passage aux habitants des maisons situées à l’arrière-plan.

 Le marchand de vinaigre

13. Le cordonnier.
Porcelaine de Choisy-le-Roi ; 2e moitié du XIXe siècle. Diamètre : 21 cm. Coll. L. B.
Titrée « Un philosophe », cette assiette illustre la bonne humeur supposée des cordonniers et  des savetiers, malgré leur indigence. Celui-ci, assis sur un tabouret, chante en travaillant dans son atelier qui est aussi sa chambre à coucher. Sa fenêtre est ouverte et on distingue sur le rebord un pot de basilic, destiné à atténuer l’odeur de la poix et du cuir. Autour de sa main levée, on distingue la manique, pièce de cuir destinée à protéger la paume ; l’autre main, également protégée, tient le fil poissé à coudre les pièces de cuir. Un tire-pied maintient une chaussure sur son genou. Devant lui, sur une table de travail, on distingue l’outillage de son métier : marteau, tranchant, coupelle à teinture. Une bouteille fait allusion à la supposée propension à boire des ouvriers cordonniers. Une pie, sa compagne apprivoisée, se tient sur la table. A ses pieds : le fameux « baquet de science », des formes en bois, un panier de chaussures et de bottes renversées. Le dessin restitue fidèlement le décor des petits ateliers d’artisans cordonniers qui ont subsisté jusqu’au milieu du XXe siècle.

 Le cordonnier
 
III – SATIRES ET CALEMBOURS
On était friand durant la seconde moitié du XIXe siècle et jusque durant l’entre-deux-guerres, de gauloiseries, calembours, jeux de mots, et autres farces représentatives d’un humour bon enfant. Certaines professions étaient l’objet de moqueries, au premier rang desquelles les pompiers (pour leur ivrognerie), les cordonniers (chanteurs, ivrognes, bossus, misérables) mais aussi les militaires (bidasses, bleus), les paysans (naïfs), etc.
14. Les pompiers.
Porcelaine sans marque de fabricant ; fin du XIXe ou début du XXe s. Diamètre : 19 cm. Coll. L. B.
Légende : « Si c’est le discours du capitaine qui te fige le cœur, mon vieux Pignouflet, crache-le ! ». Un pompier en uniforme présente son casque à son camarade pris de vin, pour qu’il s’y soulage. A l’arrière-plan, devant l’enseigne d’un marchand de vin, un troisième pompier brandit une bouteille. Dessin satirique faisant allusion à l’ambiance festive et alcoolisée régnant au sein des compagnies de sapeurs-pompiers.
 
 Les pompiers

15. Le tanneur et l’empereur de Turquie.
Porcelaine de Digoin et Sarreguemines, entre 1871 et 1913. Diamètre : 18 cm. Coll. L. B.
Dans la série « Devinettes », l’assiette n° 2 pose celle-ci : « - Pourquoi un tanneur est-il l’égal de l’empereur de Turquie ? ». La réponse est imprimée au dos : « Parce qu’ils sont tous deux sultan ». Le calembour repose sur le mot « sultan », qui équivaut à peu près à « empereur de Turquie » et qui se rapproche de « sur le tan », le tan étant la poudre d’écorce de chêne broyée destinée au tannage des cuirs en fosses. Un bourgeois en redingote, haut-de-forme, parapluie et bésicles, se tient le menton en signe de réflexion, devant un personnage de foire costumé à l’orientale, devant un stand de bateleur qui vend la « pommade merveilleuse, l’onguent miraculeux des derviches ».

 Le tanneur et l'empereur de Turquie


16. Le compagnon du tour de France.
Porcelaine de Sarreguemines, 2e moitié du XIXe siècle. Diamètre : 20 cm. Coll. L. B.
Titre : « Allant faire son tour de France ». Un grand jeune homme maigre, coiffé d’un gibus, un bâton sur l’épaule au bout duquel est accroché un balluchon, converse avec deux enfants d’un village. Le plus petit porte lui aussi un chapeau haut-de-forme sur la tête et tient un bâton : probablement rêve-t-il de faire plus tard, comme le garçon, son tour de France de compagnon. L’assiette illustre la popularité du tour de France au XIXe siècle mais présente le compagnon sous des traits quelque peu ridicules.

 Le compagnon du tour de France

17. Le scieur auvergnat.
Porcelaine de Creil et Montereau, 2e moitié du XIXe siècle. Diamètre : 20 cm. Coll. L. B.
Dans la série « Balançoires », cette assiette nous montre un châtelain et son épouse qui marquent leur surprise et leur dédain devant les propos d’un vieux scieur de long venu travailler sur le domaine. Il s’agit d’un Auvergnat qui pratique l’émigration saisonnière. Devant son tas de bûches, une scie à la main, et avec son accent caractéristique il dit au comte : « Mr le comte, j’ai chié pour votre grand-père, j’ai chié pour votre père, je chirai bien pour vous, fouchtra ! ». La prononciation auvergnate des s en ch provoque une ambiguïté comique.
18. Le savetier Crépignard.
Porcelaine de Gien, fabrication de Guyon de Boulen et Cie ; 2e moitié du XIXe siècle. Diamètre : 21 cm. M. du Comp.
Assiette de la série « Musée pour rire », légendée : « Père Crépignard ! Auriez-vous la monnaie de deux sous en pièces de six francs ? ». La scène nous montre un polisson qui a crevé les vitres en papier huilé de l’atelier d’un savetier ou cordonnier, et qui lui demande une chose impossible (on ne peut recevoir plus d’argent qu’on en donne à changer). Le savetier, bossu comme l’imagerie populaire le représentait souvent, est assis sur son tabouret, près de son outillage : table, baquet de science, tire-pied, forme en bois, pinces, alènes, ciseaux. Son épouse, une grande femme maigre, un fichu sur la tête, tient un balai pour chasser le garnement. L’intérieur de cette maison à colombages et sans vitres est des plus modestes : les cordonniers étaient des gagne-petit et ils souffraient depuis le Moyen Age de  quolibets sur leur condition.

IV – LA RÉVOLUTION DE 1830
Lorsque l’oppression est trop forte et que les libertés sont bafouées, le peuple se révolte, prend les armes et renverse les tyrans. Le XIXe siècle a connu plusieurs épisodes révolutionnaires : en 1830, contre Charles X, en 1848, contre Louis-Philippe et en 1871, pour instaurer la Commune après la chute du second empire. D’autres sursauts révolutionnaires, de grandes grèves, éclatèrent aussi à Lyon (révoltes des canuts de 1831, 1832, 1834) et à Paris (grèves du bâtiment). La révolution de 1830, en particulier, a été illustrée par de nombreuses assiettes.
19. La prise de l’Hôtel de Ville.
Porcelaine sans marque de fabricant ; vers 1830. Diamètre : 21 cm. Coll. Patrick Fonteneau.
Le 28 juillet 1830 est la deuxième journée des « trois glorieuses », qui mirent fin au règne de Charles X et placèrent sur le trône Louis-Philippe d’Orléans. C’est au cours de cette journée que fut pris l’hôtel de ville de Paris. L’assiette illustre l’épisode par un groupe d’insurgés (ouvriers, étudiants, garde national) faisant le coup de feu. Le marli est orné d’un décor floral, de drapeaux tricolores et d’un coq, emblème de la monarchie de Juillet.
20. La rue Saint-Denis.
Porcelaine de marque « P. et H. Choisy » ; vers 1830. Diamètre : 20 cm. Coll. Patrick Fonteneau.
De violents combats opposèrent les insurgés et l’armée rue et porte Saint-Denis, le 28 juillet 1830. Derrière une barricade, un garde national (bonnet à poils) vise avec son fusil. Un autre combattant saisit une cartouche dans la boîte du garde. Un troisième déchire la cartouche entre ses dents pour l’introduire dans le canon de son arme. Le drapeau tricolore est planté sur la barricade.

 La rue Saint Denis


21. « Aux Français morts pour la liberté ».
Porcelaine de Gien, vers 1830. Diamètre : 21 cm. Coll. Patrick Fonteneau.
Un garde national, une femme, un soldat, un ouvrier agenouillé manifestent leur respect devant une croix et une colonne érigée à la mémoire des combattants tombés durant les trois journées de la révolution de 1830. Au premier plan, un chien famélique se tient sur une dalle mortuaire, illustrant le récit du chien fidèle qui se laissa mourir sur la tombe de son maître, inhumé au Louvre.

 Aux Français morts pour la Liberté

22. Chanson « La Parisienne ».
Porcelaine L. Lebeuf et Thibault, à Montereau, vers 1830. Diamètre : 21 cm. Coll. Patrick Fonteneau.
Au verso, ont été gravés sur l’émail le nom du propriétaire « Batut Charles tailleur de pierre » et des caractères incompréhensibles. Un cortège funèbre est précédé des tambours de la garde nationale, conduisant au Panthéon une des victimes des combats de juillet. L’épisode est illustré par dix vers d’une chanson de l’époque : « La Parisienne ».

 La Parisienne


23. Chanson « Le Chant des chasseurs ».
Porcelaine L. Lebeuf et Thibault, à Montereau, vers 1830. Diamètre : 21 cm. Coll. L. B.
Le drapeau tricolore est hissé sur une barricade et les insurgés tirent au canon et au fusil sur les militaires qui défendent les Tuileries. L’épisode est illustré par onze vers d’une chanson de l’époque : « Le Chant des chasseurs ».

 Le chant des chasseurs

V – LA VIE POLITIQUE
Les fabricants d’assiettes du XIXe siècle les ont illustrées par les portraits des gouvernants, monarques, empereurs, présidents de la République… Ils ont aussi prêté aux ouvriers et gens de métiers des positions favorables ou opposées aux pouvoirs en place.
24. Le journal « Le Siècle »
Porcelaine de marque H. B., Choisy-le-Roi, 2e moitié du XIXe siècle. Diamètre : 19 cm. Coll. L. B. 
Première d’une série de 12 assiettes sur la presse de l’époque, celle-ci nous montre l’intérieur d’un cabaret où sont des ouvriers et un employé commentant le journal « Le Siècle » (républicain), sous l’œil du patron, bras croisés, près de son comptoir. Légende : « Rien qui donne soif comme celui-là ». Le marli est orné des emblèmes des quatre régimes : la République (buste de Marianne, faisceaux), l’Empire (premier ou second, par un aigle), la Monarchie des Bourbons (écu à fleur de lys, main de justice, couronne) et la Monarchie de Juillet (le coq).
25. L’imprimeur.
Porcelaine de marque H. B., Choisy-le-Roi, 2e moitié du XIXe siècle. Diamètre : 19 cm. Coll. M. Méchin.
Dernière d’une série de 12 assiettes sur la presse de l’époque, l’assiette nous montre un imprimeur portant une liasse de journaux dans son atelier, où l’on distingue les rouleaux à encrer. Lui approuverait la censure de la presse, car son métier le contraint à tous les lire : « Pas fâché qu’on les supprime tous, car franchement j’y perdais la tête, moi qui les lis tous forcément ». Le marli est orné des emblèmes des régimes politiques du XIXe siècle : République, Empire, Monarchie des Bourbons et Monarchie de Juillet.

 L'imprimeur

26. Félix Faure, président de la République.
Porcelaine de Sarreguemines, vers 1895. Diamètre : 21,5 cm. Coll. L. B.
Assiette de propagande dont les différentes scènes, autour du portrait de Félix Faure, président de la République (1841-1899), sont destinées à illustrer ses origines modestes et populaires et sa réussite par le travail, selon les valeurs de la IIIe République. En haut, la première scène, datée de 1850, montre l’enfant dans l’atelier de son père, menuisier-ébéniste à Paris, faubourg Saint-Antoine. A gauche, Félix Faure, en 1860, est ouvrier tanneur à la manufacture Dumée, à Amboise ; il écharne un cuir au couteau à dérayer ; un foulon ou « dame », est posé à ses pieds ; la scène du bas nous montre Félix Faure sur les quais du Havre, en 1875, où il avait fondé un négoce de peaux brutes ; la quatrième et dernière scène, à droite, nous le montre à la tribune de l’Assemblée nationale, en 1890, alors qu’il était député républicain de la Seine-Inférieure. Autour du portait sont dessinés les emblèmes du travail (la ruche), du commerce (le caducée de Mercure), de la tannerie et de la menuiserie (le foulon et le maillet) et de l’activité portuaire (l’ancre de marine).

 Félix Faure
 
27. Chanson « Le baptême du p’tit ébéniste ».
Porcelaine de Creil et Montereau, 2e moitié du XIXe siècle. Diamètre : 20 cm. Coll. L. B.
Deuxième exemplaire d’une série sur « La chanson à tous les âges », cette assiette est illustrée par une chanson censée se chanter pour les deux ans d’un enfant. Chez un menuisier, dont on voit une scie accrochée au mur, on assiste à un repas de famille ; des bouteilles sont sur la table, des verres emplis. En bout de table se tient une mère et son enfant tandis que le père, debout, interprète la chanson dont les paroles du premier couplet figurent sur un cartouche : « Que j’aime à voir autour de cette table, / Des scieurs de long, des ébénisses, / Des entrepreneurs de bâtisses, / Que c’est comme un bouquet de fleurs / Où c’qu’il y en a de toutes les couleurs. » Il s’agit de la chanson « Le Baptême du p’tit ébéniste », composée vers 1850 par Charles Plantade (1787-1870) et qui fut longtemps interprétée par Jean Berthelier (1830-1888). Trois couplets exaltent Béranger, Napoléon, le drapeau français. Cette chanson, prêtant à un ouvrier des propos politiques exprimés avec des mots simples, connut un très grand succès jusqu’à la fin du XIXe siècle. Gérard de Nerval en reproduit le premier couplet dans « Les Nuits d’octobre » (1852).

 Le baptême du petit ébéniste

VI – ANNIVERSAIRES  COMPAGNONNIQUES
Il existe aussi des assiettes et plats décoratifs, fabriqués à l’unité ou en série limitée par des céramistes locaux, pour honorer les cinquante ans d’activité d’un compagnon fidèle à sa société. Cette coutume ne semble se répandre qu’à partir de la seconde moitié du XXe siècle, en reprenant la coutume des compagnons du siècle précédent (surtout des tanneurs, parfois des boulangers et des maréchaux-ferrants) qui se faisaient confectionner une gourde-souvenir en faïence à leur nom, durant leur tour de France.
28. Assiette de « Manceau l’Ami des Arts ».
Terre cuite polychrome émaillée ; monogramme et texte au dos : TE fait main ; 1984. Diamètre : 25 cm. M. du Comp.
Sur le marli : « Manceau l’Ami des arts C. Charron 1934-1984 50 ans de compagnonnage ». Au centre : blason des compagnons charrons du Devoir composé d’un compas et d’une équerre entrecroisés avec une roue entre les deux outils, des rameaux et les lettres D. P. L. D. de la devise des charrons (Dieu Protège Le Devoir). Assiette offerte à Albert Opportune (1915-2008) pour les cinquante ans de sa réception, à la Saint-Jean 1934, à Marseille.

 Manceau l'Ami des Arts

29. Assiette de « Parisien Le Bien Aimé ».
Terre cuite polychrome émaillée ; texte au dos : « Peint à la main par M. B. F. A. Pornic MOF » ; 1980. Diamètre : 26 cm. Musée du Comp.
Sur le marli : « Bossu Maurice dit Parisien L. B. A. Lyon St-Jean 1930. Cavaillon 1980 ». Au centre : blason des compagnons selliers du Devoir composé d’un compas entrecroisé avec une équerre, et au centre un couteau à pied, entouré des lettres U.V.F.T. de la devise des selliers. Assiette offerte à Maurice Bossu (1911-1984), compagnon sellier du Devoir établi à Cavaillon (Vaucluse), pour les cinquante ans de sa réception, à la Saint-Jean 1930, à Lyon.
30. Assiette de « Poitevin l’Ami du Travail ».
Terre cuite polychrome émaillée, de forme octogonale ; texte au dos : « Faïences Vauvert n° 5101. Fait main à Rochecorbon Indre et Loire. A. D. » (Annie Desplanques). 1995. Hauteur et largeur : 27 cm. Musée du Comp.
Sur le marli : chaîne, symbole de l’union des compagnons. Au centre : « Union Compagnonnique des Devoirs Unis. Cayenne de Tours ». Blason de l’Union composé d’un triangle en gloire enfermant le tétragramme sacré, compas entrecroisé avec une équerre, lettres U C en monogramme, palmes de laurier et de chêne. En dessous : « Au P. (= Pays) Jacob C. cuisinier Poitevin l’Ami du Travail Pour son cinquantenaire C. 8 octobre 1995 ».
31. Plat de « Parisien le Bien Aimé ».
Porcelaine de Limoges ; texte au dos : « Décor fait main, atelier de décoration sur porcelaine Manuel Jourdan, Marseille 1980 ». Diamètre : 31 cm. Musée du Comp.
Au centre, reproduction de l’estampe de Perdiguier publiée en 1858 sous le titre « Le Compagnonnage illustré » et représentant un compagnon cordonnier du Devoir en tenue de cérémonie. Au-dessus, dédicace : 1930 Famille du cuir 1980. Parisien le Bien Aimé Reçu pour la Saint-Eloi d’été ». La Saint-Eloi dite d’été (25 juin)  se fête presque le même jour que la Saint-Jean-Baptiste (24 juin) et elles constituaient les dates de réception courantes des compagnons selliers, bourreliers, maréchaux-ferrants ou charrons du Devoir.

 Parisien le Bien Aimé
 
VII – COMMÉMORATIONS.
L’assiette est aussi un objet destiné à se souvenir d’une cérémonie, d’une fête, d’un évènement. Le compagnon l’achète ou se la voit offrir et se remémore ainsi l’épisode auquel il a participé.
32. Réception d’une Mère de compagnons charpentiers.
Terre cuite émaillée ; fabrique Chauvin Ibéria, à Bidart (Pyrénées-Atlantiques). Diamètre : 23,5 cm. M. du Comp.
Assiette-souvenir fabriquée pour la réception de Mme Solange Ithurriera, Mère de la cayenne d’Anglet (64), le 2 mai 1981. L’assiette est occupée par le blason des compagnons charpentiers des Devoirs, composé de rameaux entourant un compas, une équerre et une bisaiguë. Les lettres U. P. S. F., initiales d’une devise des compagnons charpentiers associée à une réception de Mère, accompagnent ce blason. Sur le marli, lettres UVGT et INDG, initiales des devises propres aux deux groupes de compagnons charpentiers (Soubises et Indiens) réunis en 1945 pour former les compagnons charpentiers des Devoirs.

 Mère de compagnons charpentiers
 
33. Sainte-Anne des compagnons menuisiers du Devoir de Liberté
Porcelaine de Limoges ; 1973. Diamètre : 25,5 cm. M. du Comp.
Assiette-souvenir de la Sainte-Anne 1973, à Limoges, fête nationale des compagnons menuisiers et serruriers du Devoir de Liberté qui se tint dans cette ville cette année-là. La devise « Honneur aux arts » accompagne le blason des compagnons M. S. D. D. D. L. composé d’une équerre, d’un compas et autres emblèmes, et des lettres E.D.G.R.S. (Enfants du grand roi Salomon). En-dessous, représentation classique de sainte Anne apprenant à lire à Marie.
34. Centenaire de l’Union Compagnonnique
Porcelaine de Limoges ; 1989 ; fabrication Artoria, Limoges. 1989. Diamètre : 24 cm. M. du Comp.
Assiette-souvenir de la fondation de l’Union Compagnonnique en 1889 et de l’inauguration du siège de cette société à Versailles en 1989. Sur le marli : Centenaire de l’Union Compagnonnique – Lucien Blanc fondateur Lyon 1889. Au centre, portrait de Lucien Blanc, compagnon bourrelier (1823-1909), dit « Provençal le Résolu », sur fond de carte de France. En dessous, blason de l’Union Compagnonnique et dessin du pavillon des Italiens, siège de l’U.C. à Versailles, accompagné du titre : « Siège national de Versailles inauguré le 30 septembre 1889 ».
35. Congrès des compagnonnages européens.
Porcelaine de Limoges ; fabricant : Coquet, à Limoges. 1978. Diamètre : 29 cm. M. du Comp.
Sur le marli : « Compagnonnages européens – Europäische Gesellenzünfte » et blason de la Confédération des compagnonnages européens, la CEG (Compagnonnages Européens Gesellenzünfte), composé à l’intérieur d’une chaîne d’une bonne foi (mains serrées) et de deux cannes – l’une de compagnon germanique et l’autre d’un compagnon français – placées en sautoir. Au centre de l’assiette, une chaîne enferme un compagnon français qui tend la main vers un compagnon allemand, faisant de même en sa direction ; tous deux sont placés aux extrémités d’une carte de l’Europe. La CEG fut fondée en 1953 pour établir des liens fraternels entre les compagnonnages de France, d’Allemagne, de Suisse, de Belgique, du Danemark et de Scandinavie. Cette assiette fut fabriquée pour la tenue de l’un de ses congrès quinquennaux, celui de 1978, à Hambourg.
36. XXXIe congrès de l’Union Compagnonnique.
Porcelaine de Limoges ; sans nom de fabricant. 2002. Diamètre : 24 cm. M. du Comp.
Assiette-souvenir du 31e congrès de l’Union Compagnonnique qui se tint à Tours en août 2002. Au centre, texte : « Les Compagnons du Tour de France des Devoirs Unis. XXXIè Congrès. Tours 22, 23 et 24 Août 2002 ». Une chaîne entoure les éléments emblématiques de la ville de Tours : la cathédrale Saint-Gatien, le pont Wilson sur la Loire et le TGV. Au centre : blason de l’Union Compagnonnique (compas, équerre et monogramme UC entre les deux). Légende de l’ensemble : « Compagnons du Tour de France des Devoirs unis. 1er congrès du 21ème siècle. ».

 Mis en ligne le : 28/02/2013

 

Des tonnelets insolites au Président de la République

Des tonnelets insolites au Président de la République

Dans la section des compagnons tonneliers-doleurs se trouvent cinq petits tonneaux qui ne manquent pas d’intriguer, malgré leurs dimensions réduites.
Ils ont été confectionnés à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle. Leurs fonds sont constitués de planchettes de bois d’essences différentes, afin de bien montrer les coupes et les assemblages rigoureux. Le chêne alterne avec un bois plus sombre (sans doute du châtaignier) et toutes les pièces sont de forme différente.

La particularité de trois de ces tonnelets réside dans leurs fonds, car aucun n’est semblable à celui qui lui est opposé. L’un est circulaire, l’autre est ovale ; l’un est en forme de cœur pointe en haut, l’autre est en forme de cœur pointe en bas ; l’un est ovale, l’autre également, mais couché.
Le tour de force ne s’arrête pas là. Le quatrième tonnelet ne comporte pas de fonds. Il est creux comme un gros rond de serviette bombé. Et pourtant, c’est bien un fût que l’on peut remplir, car le liquide se trouve alors enfermé entre deux épaisseurs de douelles, ces planchettes biseautées et cintrées qui joignent les deux extrémités d’un tonneau. C’est, en somme, un véritable outil de contrebande.
Le summum de la difficulté réside dans le dernier tonnelet. Lui aussi est constitué d’une double épaisseur de douelles mais, en plus, il comporte deux faux fonds à mi longueur, lesquels offrent un espace qui communique avec celui, caché, de la périphérie. Du grand art !

Qui est l’auteur de ces chefs-d’œuvre ? Il se nommait Victor PATRICE. Né le 19 juillet 1867 à Marancheville, sur la commune de Mainxe (Charente). Alors qu’il n’était âgé que de huit ans, il perdit son père, décédé à Angers en 1875. Sa mère et sa sœur s’établirent alors à Saint-Avertin, près de Tours.
Le jeune Victor entreprit un apprentissage de tonnelier-doleur (le doleur confectionne les douelles) et fut reçu compagnon du Devoir à Tours, en 1886, à Pâques, sous le nom d’Angoumois l’Ami des Arts. Il n’avait pas dix-neuf ans.

L'arrière grand-père du président.

Il s’établit ensuite à Saint-Léger-lès-Melle (Deux-Sèvres), au lieu-dit « Mardre ». C’est là, le 24 août 1891, qu’il épousa Marie Louise Lauquin, native de Melle.
Le couple eut trois enfants. Alexandre décèdera en bas âge. Antoinette verra le jour le 12 juin 1893. Georges, né le 1er décembre 1896, disparaîtra au combat le 4 mai 1917 à Bermericourt (Marne), durant la Grande Guerre.
Notre tonnelier et son épouse s’établiront vers 1896 à Cognac (Charente). Victor Patrice vivait encore dans les années 1930 mais il n’a pas été possible de retrouver la date précise de son décès.

Et alors, quel rapport avec le président de la République ? On y arrive…
La fille du compagnon tonnelier, Antoinette, va suivre des études et à 24 ans, elle est professeur à l’Ecole supérieure de Pons (Charente-Maritime). Elle épouse à Cognac, le 21 novembre 1919, un certain Gustave Léopold HOLLANDE… Lui est enseignant, et il est encore mobilisé avec le grade de lieutenant au 33e Régiment d’Infanterie.

Antoinette et Gustave Hollande quitteront les Charentes pour Rouen et Neuilly (où décèdera la fille du compagnon tonnelier en 1980).
Poursuivons la généalogie descendante pour en arriver au président de la République, car, vous l’avez compris, le patronyme Hollande est bien le sien !
Antoinette et Gustave Hollande auront deux enfants, dont Georges, médecin, lequel donnera naissance à son tour à deux garçons, dont François Hollande, né à Rouen le 12 août 1954.
Et voilà comment le 7e président de la Ve République est l’arrière-petit-fils d’Angoumois l’Ami des Arts, compagnon tonnelier-doleur du Devoir, dont les œuvres sont au musée du Compagnonnage de Tours !

Merci à Eric Fourthon, compagnon tonnelier du Devoir, de nous avoir signalé l’article de Patrick Guilloton sur ce sujet, paru dans le journal Sud-Ouest du 7 janvier 2012.


Tonnelet sans fond.

Mis en ligne le : 20/02/2013

 

Une nouveauté  pour les enfants !

Une nouveauté pour les enfants !

Il est plein de couleurs, comporte le moins de mots possibles et colle un peu… Qu’est-ce ?

Le nouveau jeu pour les petits visiteurs !

Avec ses gommettes et ses jeux d’observation,  ce support de visite permettra aux – de 7 ans de découvrir le musée de manière plus autonome et de profiter de ce moment bien à eux, comme les grands !

A demander à l'accueil du musée !

 

Mis en ligne le : 06/12/2012

Fragments d'histoire du Compagnonnage n°14

Fragments d'histoire du Compagnonnage n°14

Le volume 14 des "Fragments d'histoire du Compagnonnage" vient de paraître ! Il rassemble les conférences données en 2011 en un fort volume de 231 pages grand format (21 x 30 cm), abondamment illustrées.
Prix : 22 €
Disponible à la boutique du musée ou par correspondance.

Au sommaire : 
- Histoire de l'Alliance compagnonnique tourangelle : L. Bastard relate, à partir des archives de cette société, l'origine, les buts, les réalisations et les péripéties de cette association plus que centenaire qui réunit aujourd'hui des compagnons de l'Association ouvrière et de la Fédération compagnonnique.

- Auguste Proud, un fabricant lyonnais de cannes compagnonniques : J. Philippon, R. Teulet et S. Etienne racontent comment ce compagnon charron établi à Oullins, près de Lyon, en 1892, est devenu, avec son fils, l'unique fabricant de centaines de cannes pour les compagnons de tous les Devoirs jusque dans les années 1930.

- Rites et symboles des compagnons : une construction permanente : L. Bastard montre que la "tradition compagnonnique" s'est nourrie depuis ses origines d'éléments extérieurs (christianisme, armée, franc-maçonnerie, mutualité) pour adapter à chaque époque le langage muet de ses rites et de ses symboles.

Mis en ligne le : 22/11/2012

11 Novembre :  les compagnons et la Grande Guerre

11 Novembre : les compagnons et la Grande Guerre

 

Après plus de quatre ans de combats, l'armistice sonne enfin ! Les conséquences de la Grande Guerre ont été terribles pour les compagnons de tous les métiers et Devoirs. Au moins 500 aspirants et compagnons ont disparu lors des combats ou sont morts des suites de blessures et de maladies. Certains d'entre eux portaient les espoirs d'un relèvement de corporations amoindries au début du siècle, ou avaient engagé des réformes qui furent brisées : ainsi en fut-il du compagnon couvreur Alfred Bonvous fils, "Angevin Coeur de France", tué à Verdun en 1916, et à la mémoire duquel son père dédia un magnifique chef-d'oeuvre exposé au musée.
 
Des cayennes disparurent faute d'effectifs. Le tour de France fut interrompu. Les caisses de secours pour les veuves et les orphelins furent sollicitées sans cesse et, faute de cotisations, ne parvinrent plus à remplir leur rôle. Il en fut de même des caisses de retraite. Après la guerre, les transformations techniques affectèrent plusieurs métiers, dont ceux associés aux chevaux, remplacés par les véhicules motorisés : charrons, maréchaux-ferrants, bourreliers.
 
Si la remontée des effectifs fut lente et difficile, les compagnons ne restèrent pas inactifs. Ils lancèrent des réformes et se mobilisèrent pour se faire connaître auprès des jeunes ouvriers. La fraternité imposée dans les tranchées rapprocha les compagnons de Devoirs autrefois ennemis. Après la guerre, des liens se tissèrent partout en France entre le Devoir, le Devoir de Liberté et l'Union Compagnonnique, pour mettre en place une vaste Fédération générale du Compagnonnage (qui n'aboutit pas...). Les conséquences directes et indirectes de la Grande Guerre se poursuivirent durant une quarantaine d'années.
 
Cette période tragique de l'histoire des compagnons a été contée par Jean Philippon en 2007, lors d'une conférence sur "Les compagnons dans la Grande Guerre", que l'on peut découvrir dans les Fragments d'histoire du Compagnonnage n° 10. Pour commander ce volume, cliquez ici 

 

 Plaque commémorative, Musée du Compagnonnage

 Mis en ligne le : 30/10/2012

A la mémoire de François Berge,

A la mémoire de François Berge, "La Franchise de Couesmes"

 Le musée vient de s’enrichir de souvenirs relatifs à un compagnon passant tailleur de pierre, remis par son arrière-petit-fils, M. Jacques SUTEAU. Il s’agit d’une règle de proportions en laiton, d’une croix de chevalier de l’Ordre de Jacques et Soubise, de documents et de photographies. Ces objets concernent François BERGE, dit « La Franchise de Couesmes ». Mais qui était ce compagnon ?

François Berge, né le 16 février 1869 à Couesmes, village du nord-ouest de l’Indre-et-Loire, était un fils de cultivateurs. Il apprit le métier de maçon puis celui de tailleur de pierre. Il suivit les cours de stéréotomie à l'école des Beaux-Arts de Tours, où il fut un brillant élève, puis il partit sur le tour de France. Il fréquenta à Bordeaux les compagnons passants tailleurs de pierre chez lesquels il fut reçu à l'Ascension 1894 sous le nom de "La Franchise de Couesmes". De retour en Touraine, il se maria et occupa jusqu'à la fin de sa vie une place de contremaître dans une entreprise tourangelle.

 A partir de 1918, Berge fut à son tour professeur de trait à l'école des Beaux-Arts de Tours. Son directeur disait de lui lors de ses obsèques : "Sa réputation s'étendait bien au-delà des limites de notre ville et de notre Touraine et nombreux sont les jeunes ouvriers qui sont venus de tous les coins de la France pour profiter de son enseignement. Il adorait son cours et ses élèves. Après une dure journée de labeur, il semblait trouver dans sa tâche un repos et une récompense." François Berge avait reçu à ce titre les insignes d'officier de l'Instruction publique et il était médaillé de l’Association amicale des Architectes français. Il était également trésorier de la caisse de retraite du Ralliement des compagnons du Devoir, responsable du musée compagnonnique, président de l'Amicale des contremaîtres de la Maçonnerie et chevalier de l'Ordre de Jacques et Soubise.

Décédé le 19 novembre 1932, il fut inhumé au cimetière de Rochecorbon, où sa tombe se trouve encore. Sur la dalle de granite, ornée du compas et de l’équerre entrecroisés, on peut lire : « FRANÇOIS BERGE C.P.T.D.P. DIT LA FRANCHISE DE COUESMES 16 FEVRIER 1869 – 19 NOVEMBRE 1932".

Le portrait illustrant cet article a été réalisé en 1911, lors de l’inauguration de la Société protectrice des apprentis et du musée compagnonnique. F. Berge porte ses couleurs fleuries autour de son chapeau, selon l’usage ancien des compagnons tailleurs de pierre.
L’autre photo nous le montre au centre du groupe de l’Amicale des contremaîtres et appareilleurs de Tours, entre ses deux filles, fêtant l’Ascension (29 mai 1919).

Merci à M. Jacques SUTEAU pour ce don généreux, qui perpétue la mémoire d’un compagnon qui se dévoua auprès de ses élèves pour transmettre ses connaissances en stéréotomie et taille de pierre.

Mis en ligne le : 25/09/2012

Un Compagnon récompensé par la SMLH

Un Compagnon récompensé par la SMLH

Depuis plusieurs années, la SMLH (Société des Membres de la Légion d'Honneur) décerne un prix à des élèves issus des organismes de formation professionnelle et qui se sont distingués par la qualité de leur projet professionnel. Cette année, la SMLH a souhaité étendre son action aux compagnons du tour de France, parce qu’ils expriment les valeurs qu’elle entend honorer : le travail, l’effort, le sens du devoir et la solidarité.

Le choix du lauréat s'est avéré difficile, selon les termes du président du jury, le général MANCEAUX-DEMIAU, tant le parcours des candidats était intéressant. Il s'est cependant porté sur Jérôme BUSSONNAIS, un compagnon menuisier tourangeau, formé initialement au Lycée Martin-Nadaud de Saint-Pierre-des-Corps.

Son tour de France (Tours, Paris, Bordeaux, Limoges, Tarbes, Annecy, Lyon, Orléans), ainsi que ses formations diplômantes à Toulouse et Colmar, lui ont permis de devenir métreur en bureau d'études et conducteur de travaux dans une entreprise du département.

La cérémonie de remise du prix s'est déroulée le samedi 12 mai, sous les voûtes de la salle capitulaire. Etaient présents de nombreux titulaires de la Légion d'Honneur, des compagnons de toutes les sociétés, Mme BOSCH, adjointe au Maire et des élus de la Ville de Tours, ainsi que des représentants des Meilleurs Ouvriers de France et d'autres organismes associés à la promotion et à l'enseignement des métiers.

Le lauréat a reçu son diplôme, le livre "Légionnaires d'Honneur" et une coupelle gravée à son nom, mais les autres candidats ont également été récompensés pour leurs mérites et leur participation.

Le Compagnonnage en général, et tourangeau en particulier, a ainsi été honoré, au delà de toute considération de métiers et de sociétés, et selon le vœu des participants, aucune récompense d'ordre pécuniaire n'a été décernée. Seule primait la devise des compagnons : "Ne pas s'asservir, ne pas se servir, mais servir !".

Le lauréat et les six autres candidats

Mme Bosch, adjointe au Maire

 

Mis en ligne le : 22/05/2012

20 mars 2012 : un festival de chansons

20 mars 2012 : un festival de chansons

Le cycle des conférences 2012 s'est ouvert mardi 20 mars avec "Les plus belles chansons des compagnons du tour de France". Laurent Bastard a rappelé l'importance d'un florilège composé de plus de 1500 oeuvres connues à ce jour (et il en reste beaucoup d'autres à découvrir), en rappelant en quelles circonstances elles ont été composées, par qui et quand elles étaient - et sont toujours- interprétées.
 
Les thèmes de ces chansons, toujours signées du nom de compagnon de leur auteur, évoquent le Devoir, les vertus du Compagnonnage, les trois fondateurs, la réception, la conduite, le tour de France, la fraternité, les ennemis des compagnons, la Mère, les villes et les régions, etc.
 
Dix chansons ont été sélectionnées et commentées. Le choix est évidemment subjectif mais il porte sur des oeuvres et des thèmes qui sont toujours chantés par les compagnons d'aujourd'hui.
 
Pour la circonstance, elles ont été interprétées par Benoît Riou, baryton-basse, et ce fut avec enthousiasme que les compagnons présents reprirent en choeur les refrains qui résonnaient sous les voûtes de la salle capitulaire.
 
Il s'agit de "L'Abeille", de Jean-François Piron, Vendôme la Clef des Coeurs (vers 1830), du "Blason", de Pierre Calas, L'Ami des Filles le Languedocien (1864) et de la chanson "Le Roi et le Compagnon", de Champagne la Fierté du Devoir (vers 1850), qui illustrèrent le thème du Devoir. Puis ce fut la "Conduite", de Piron (vers 1830), "La Sainte-Baume", de Pierre Morin, Pierre le Saintonge (1948) et les "Adieux à la Touraine", de Pierre Journolleau, Rochelais l'Enfant chéri(1870), pour illustrer le tour de France. Quant à la belle chanson "Les Fils de la Vierge", de Jules Lyon, Parisien le Bien Aimé (1859), il s'agit d'une oeuvre à caractère fraternel qui s'interprète lors du rite de la chaîne d'alliance. La vieillesse et la mort du compagnon furent illustrées par "Le Vieux Franc Coeur", de Piron (vers 1830) et "La Mort du Provençal", d'Emmanuel Collomp, L'Estimable le Provençal (1846). Mais le Compagnonnage se perpétue malgré la mort de ses membres et la chanson "O vieux Devoir tu seras éternel" a clôt ce récital dont les airs sont restés gravés dans la mémoire du public.
 
Nous en profitons pour lancer un appel à toutes les personnes qui posséderaient des recueils manuscrits de chansons compagnonniques : afin d'enrichir la documentation du musée, une copie de ces documents serait appréciée et servirait aux études entreprises depuis quelques années sur ce sujet. Merci par avance de vos contributions !
 
Par ailleurs, certains chansonniers imprimés n'ont pas été retrouvés. Si certaines personnes savent où les consulter, ou si elles en possèdent un exemplaire, le musée se chargera de les photocopier. Il s'agit notamment de :
 
1) Thorin-Démotier, « Le Chansonnier du Devoir », par Thorin-Démotier, dit Picard la Clef des Cœurs, Impr. de Stenger (1864), 32 pages.
2) « Espoir », écrit par le Compagnon boulanger Garnier Arnoult surnommé Garnier de Bargemont, dit Provençal l'Enfant chéri ; chansonnier écrit vers 1860-1865.
3) « La Muse du tour de France ou le chant des Devoirants » de Jean Joguet, Compagnon boulanger, dit Rochelais le Courageux, en vente chez son auteur, à La Rochelle, grande rue de Tasdon, ou chez la mère des Compagnons boulangers, rue des Bonnes-Femmes, 1881. 
 

Mis en ligne le : 27/03/2012

Un nouveau chef-d'oeuvre de compagnon charron

Un nouveau chef-d'oeuvre de compagnon charron

Le musée vient de s'enrichir de nouveaux objets grâce à la générosité du fils d'un compagnon charron du Devoir. M. Jean-Michel OPPORTUNE. Il a en effet offert une roue cerclée de fer, d'un diamètre de 38 cm, composée de plus de  70 rais. Cette roue fut ensuite embellie par des rameaux de fer forgé servant de support tandis que le moyeu était orné du blason des charrons : un compas, une plane et une équerre. Sur le bandage, le compagnon a gravé ces mots : Manceau l'ami des Arts, compagnon charron du Devoir, reçu à Marseille en 1934

La roue à multiples rais était le travail de réception le plus courant chez les compagnons charrons et celle-ci a été exécutée par Albert Opportune à Marseille, lorsqu'il accomplissait son tour de France. Il fut reçu dans cette ville à la Saint-Jean 1934, sous le nom de "Manceau l'Ami des Arts".

Né à Courdemanche (Sarthe) le 4 janvier 1915, Albert Opportune s'établit à son compte comme charron puis comme serrurier à Preuillé-le-Chétif (Sarthe). Il exécuta des travaux dans tout le département et dans le nord de la Touraine, dont les rambardes du tunnel du vieux Mans, et beaucoup de vérandas. Il est décédé le 22 novembre 2008.

En 1984, pour ses cinquante ans de compagnonnage, ses Pays lui offrirent deux céramiques commémoratives polychromes.
La première est une assiette décorée au pinceau, ornée du blason des compagnons charrons du Devoir (une roue entre un compas et une équerre, deux rameaux d'acacia et les lettres D.P.L.D.). Le marli comporte la dédicace suivante : "Manceau l'ami des Arts C. Charron 1934-1984 50 ans de compagnonnage".

La seconde est un plat ovale, issu de la faïencerie de Sainte-Radegonde (Indre-et-Loire), orné du même blason, mais sans les rameaux ni les lettres. Sur le marli on peut lire : "Manceau l'Ami des Arts C. C. C. D. D. 1934-1984 / Cinquante années de Compagnonnage". Les initiales signifient "Compagnon Charron Carrossier du Devoir", les carrossiers ayant succédé aux charrons au sein de l'Association ouvrière des Compagnons du Devoir.

Toutes ces pièces seront prochainement exposées dans la section consacrée aux charrons.

 

 

 

Mis en ligne le : 06/01/2012

Un livre sur la pierre de Chauvigny

Un livre sur la pierre de Chauvigny

Depuis plusieurs années, le musée du Compagnonnage entretient des liens avec le groupe de recherches de la M.J.C. de Chauvigny (Vienne), spécialisé dans l'étude des carrières de la commune et des cités voisines. En 2005, René POTHET, l'animateur de cette commission, était venu donner une conférence au musée sur le thème : "Le cheval et la pierre à Chauvigny" (publiée en 2006 dans les Fragments d'histoire du Compagnonnage n° 8). La même année, ce thème avait été celui de l'exposition estivale.

La MJC de Chauvigny nous annonce aujourd'hui la parution au cours du prochain trimestre d'un ouvrage très copieux rédigé par René Pothet sur : "Les carrières du Poitou : la pierre de Chauvigny".
Fruit de 30 années de travaux, ce volume sera édité au format A 4, en couleurs, et comprendra environ 450 pages illustrées de 400 photos et documents.
Au sommaire : Formation de la pierre, les carrière, les exploitants, le découvert, l'extraction, les carriers, les Italiens, le transport de la pierre, les chantiers de taille, les tailleurs de pierre, les réalisations, les autres utilisations de la pierre, les mythes autour de la pierre de Chauvigny, etc.
L'ouvrage s'attache à retracer 150 ans d'histoire de cette pierre (1850-2000), l'évolution des techniques d'extraction et de taille, les progrès de la mécanisation et des moyens de transport, et tous les aspects humains liés à ce matériau.
L'ouvrage sera vendu 35 € mais il est en souscription avant édition au prix de 25 € + 8 € de port, soit 33 €.
La souscription sera close le 31 octobre 2011. Envoi du chèque à M.J.C., 4, rue de la Paix 86300 Chauvigny, en précisant les nom, prénom et adresse du destinataire.
En indiquant une adresse de messagerie, la date précise de la parution sera transmise par courriel.
Il peut aussi être retiré directement à Chauvigny pour éviter les frais d'envoi.

Mis en ligne le : 08/09/2011

Une gourde en faïence de compagnon tanneur

Une gourde en faïence de compagnon tanneur

Les descendants de M. et Mme POTIER-DELAUNAY ont eu la gentillesse de remettre au musée une très belle pièce. Il s'agit d'une gourde annulaire de compagnon tanneur-corroyeur du Devoir, en faïence, fabriquée en 1855 à Nantes.
Les compagnons de ce métier avaient coutume, entre 1830 et 1860 environ, de faire confectionner ce type de gourde pour rappeler l'un de leurs outils, la lunette, sorte de lame circulaire, évidée en son centre, qui leur servait à égaliser la surface interne des cuirs et peaux.
Ils les achetaient dans les faïenceries de Nantes et de Bordeaux, lors de leur tour de France, qui passait toujours par ces grandes villes. Ces objets ne servaient pas, ou très peu, en raison de leur fragilité. Il s'agissait de beaux souvenirs du tour, comme d'autres compagnons faisaient peindre des conduites ou des portraits aquarellés à leur nom.
La gourde qui est désormais exposée dans la vitrine des tanneurs est au nom de "Tourangeau la Sincérité", qui fut "reçu pour la vie le 7 avril 1855" (pour Pâques).
De part et d'autre de l'évidement deux compagnons tanneurs se font face, canne en main et couleurs bleues et rouges au chapeau, selon l'usage de cette corporation aujourd'hui disparue.
Les outils du métier sont représentés en partie supérieure : marguerite, valeton, boutoir, étire, fusil à affuter, lunette, couteau à écharner, couteau à dérayer.
Au revers, par une devise rimée, le compagnon nous annonce : "Le Devoir à qui je consacre mes jours / Aux Compagnons m'unit pour toujours".
Cette pièce, en très bon état, n'avait pas été recensée par Roger Lecotté lorsqu'il écrivit, en 1953, son "Essai sur les gourdes compagnonniques". On en connaît à ce jour une quarantaine d'exemplaires. C'est donc un objet rare qui enrichit les collections du musée et ajoute à la connaissance d'un vieux compagnonnage.
Que les donateurs soient ici remerciés de leur geste généreux.

16 mai : la Saint-Honoré des compagnons boulangers

16 mai : la Saint-Honoré des compagnons boulangers

Avant d'être le saint patron des boulangers, saint Honoré vivait au VIe siècle à Port-le-Grand, près d'Amiens. Devenu prêtre, il fut sacré évêque en 554 et mourut le 16 mai 600 dans son village natal. Ses reliques furent ensuite transférées en la cathédrale d'Amiens.
Pourquoi a-t-il été adopté par les boulangers ? Deux légendes le justifient. Selon la première, lorsqu'il annonça à sa famille son intention de devenir prêtre, sa nourrice faisait cuire son pain. Incrédule, elle se serait écriée : "Quand ma pelle aura des feuilles, tu seras évêque !". Aussitôt, la pelle reverdit et se couvrit de rameaux.
Selon la seconde légende, il disait la messe à Saint-Acheul lorsqu'une main miraculeuse sortit des nuées et lui présenta l'hostie pour qu'il communie. Or l'hostie est le pain consacré.
Lorsque les ouvriers boulangers se constituèrent en compagnonnage du Devoir, en 1811, ou en sociétaires et compagnons du Devoir de Liberté, les uns et les autres l'adoptèrent comme saint protecteur.
C'est à la Saint-Honoré (16 mai) que sont reçus compagnons les aspirants boulangers (mais ce n'est pas la seule date, puisque les réceptions peuvent avoir lieu à Pâques, à l'Assomption, à la Toussaint et à la Noël).
En revanche, la Saint-Honoré est le jour de la fête qui réunit les aspirants et compagnons des villes qui dépendent d'une cayenne, ainsi que leurs familles et leurs amis. Traditionnellement, avant d'entrer dans la salle où aura lieu le banquet, un jeune compagnon et un ancien "font le Devoir", rite de reconnaissance, puis arrosent le bouquet qui est accroché à l'entrée de la salle. Le banquet est entrecoupé de chants, se poursuit par un bal et s'achève par la chaîne d'alliance.

 

Exposition Victor Auclair au musée de Romanèche (71)

Exposition Victor Auclair au musée de Romanèche (71)

Le musée départemental du Compagnonnage de Romanèche-Thorins (Saône-et-Loire) présente une exposition sur l'oeuvre de Victor AUCLAIR (1866-1928). Ce compagnon charpentier du Devoir de Liberté, natif de Commentry (Allier), s'est illustré en devenant architecte. Etabli en 1907 à Santiago-du-Chili, il y restera jusqu'en 1924 et construira de nombreux édifices en béton armé capables de résister aux tremblements de terre.
L'exposition est présentée du 2 avril 2011 au 2 décembre 2012.
Renseignements : 03 85 35 22 02
Victor Auclair, dit "Bourbonnais l'Enfant du Génie", n'est pas un inconnu au musée de Tours. L'une de ses remarquables épures de trait de charpente, dessinée en 1884 à l'école de Romanèche, y est exposée. Cette pièce, évoquée par Marcelle Auclair, la fille du compagnon, dans ses Mémoires, a été offerte par son arrière-petite-fille au musée du Compagnonnage de Tours.
Par ailleurs, Laurence Debowski et Francine Perrin y étaient venues donner une conférence sur Victor Auclair en 2009. Elle a été publiée dans la collection des Fragments d'histoire du Compagnonnage (n° 12).

Jean ROYER et le musée du Compagnonnage

Jean ROYER et le musée du Compagnonnage

Jean Royer, ancien député-maire de Tours, qui vient de s'éteindre à l'âge de 90 ans, aura été l'un des fondateurs du musée du Compagnonnage.
Dès qu'il fut élu en 1959, il réunit à plusieurs reprises les représentants des trois associations de compagnons et de l'Alliance compagnonnique tourangelle. Il s'agissait d'élaborer une convention régissant le statut de leurs collections et la participation de la Ville, pour satisfaire autant le public que chacun des trois mouvements, en pleine égalité.
Ce sera en 1968, à Pâques, que le musée du Compagnonnage sera enfin inauguré (voir la rubrique Histoire du musée).
En 1976, Jean Royer fera construire l'aile nord du musée, pour étendre l'espace d'exposition et aménager des locaux annexes.
Il s'impliquera également, avec succès, dans le développement des locaux de formation de l'Association ouvrière des compagnons du Devoir et de la Fédération Compagnonnique des Métiers du Bâtiment.
Attentif à l'artisanat, dont il fut ministre en 1973-1974, Jean Royer respectait les compagnons du Tour de France, dont il admirait les valeurs professionnelles et l'éthique.

Crédit photo : Nouvelle République du Centre-Ouest, droits réservés

La Saint-Joseph des charpentiers

La Saint-Joseph des charpentiers

Saint Joseph est le patron des charpentiers depuis le Moyen Age et il se fête le 19 mars. Il a évidemment été choisi par eux en référence aux Evangiles, car Joseph, l’époux de Marie, était charpentier à Nazareth.

C’est à la Saint-Joseph (19 mars) que les compagnons charpentiers (du Devoir et du Devoir de Liberté ) font passer compagnons leurs aspirants. Cette date  marque la fin des cours de trait dispensés pendant les mois d’hiver et annonce la reprise du tour de France avec le printemps.

Les jeunes ont « taillé » leur maquette, ils ont vécu la cérémonie de réception et ils participent au cortège dans les rues de la ville, portant leurs travaux, revêtus de leurs nouvelles « couleurs », tenant leur canne en main au milieu des chants traditionnels. Le banquet et le bal vont suivre : la journée sera longue, mais inoubliable…

La photographie jointe nous montre les compagnons charpentiers du Devoir de Liberté de Tours, à la Saint-Joseph 1932, lors de la traditionnelle photo prise devant le restaurant où va se dérouler le banquet. Il s’agit du « Trianon-Park », tenu par M. Pairaudeau, au 57 de l’avenue de Grammont. Le président Joseph VOISIN, Angoumois l’Ami du Trait, (à gauche de la Mère), est assis au premier plan, au centre.

Travaux du tramway et accès au musée

Travaux du tramway et accès au musée

En 2011 et 2012, l'accès au musée par les bus et les automobiles sera perturbé. Pour connaître mois par mois le planning des travaux, le plan des voies concernées et les itinéraires de contournement et d'accès au musée, consultez le site www.tram-tours.fr

Crédit photo : CitéTram

Un nouveau bouquet de Saint-Eloi

Un nouveau bouquet de Saint-Eloi

Les collections relatives aux maréchaux-ferrants viennent de s'enrichir d'un don effectué grâce à la générosité de M. et Mme Roger CHARLES, de Sotteville-lès-Rouen (76). Ils ont remis au musée, où il est désormais exposé, un gracieux petit "bouquet de Saint-Eloi", composé de 11 petits fers à cheval de différents modèles, soudés sur des tiges cintrées et réunies à un grand fer central. De grosses têtes de clous à ferrer, pyramidales, ornent ce fer "à planche". Un support ouvragé et articulé est monté à l'arrière et permet de maintenir le bouquet de Saint-Eloi incliné.
Il mesure 32 cm de longueur et 25 cm de hauteur.
On pouvait glisser une photographie entre le bord du fer central et une plaque de laiton mobile, qui comporte le nom de l'auteur de ce petit chef-d'oeuvre et sa date d'exécution : "P. T. MONTIER 1886 Brigadier maréchal au 15e Escadron du Train". C'est vraisemblablement durant son service militaire que ce maréchal a exécuté ce travail d'une finition parfaite et presque sans aucun point de rouille, indice d'un fer très doux, presque pur.
On ne sait rien sur ce nommé MONTIER, si ce n'est qu'avant 1914 il était employé chez Hyacinthe CHEVALIER, maréchal-ferrant à Fleury-sur-Andelle (Eure). Un visiteur du site pourrait-il nous renseigner sur cette personne, qui n'était peut-être pas compagnon mais sûrement un très habile ouvrier ?

Le Compagnonnage inscrit au patrimoine culturel immateriel

Le Compagnonnage inscrit au patrimoine culturel immateriel

Le 16 novembre 2010, l'UNESCO a inscrit le Compagnonnage au Patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Les compagnons du tour de France sont désormais reconnus mondialement pour la spécificité de leur enseignement professionnel et moral, leurs traditions et la capacité à les transmettre.
Cette reconnaissance concerne donc environ 12 000 compagnons en France et trois principales associations, sans compter les stagiaires, aspirants, formateurs et personnels associés à la vie de l'institution.
Le document de l'UNESCO sur le patrimoine culturel immatériel précise que sa sauvegarde "signifie s'assurer qu'il joue toujours un rôle actif dans la vie des générations actuelles et qu'il est transmis aux générations de demain. Les mesures de sauvegarde visent à assurer sa viabilité, sa recréation permanente et sa transmission. Parmi les initiatives possibles de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel on citera l'identification et la documentation de ce patrimoine, la recherche, la préservation, la promotion, la mise en valeur ou la transmission, essentiellement par l'éducation formelle et non formelle, ainsi que la revitalisation de ses différents aspects."
Le musée du Compagnonnage poursuivra donc plus que jamais cette mission de documentation et d'éducation.
Pour en savoir plus : Le blog de Jean Michel Mathonière

Escalier à dessous coulissant
(1825)

Musée du Compagnonnage

8 rue Nationale
37000 Tours
Tél : 02 47 21 62 20

Escalier à dessous coulissant (1825) Plan d'accès
Contactez nous
© 2010 Musée du Compagnonnage | Liens utiles | Mentions légales | Plan de site
conception : www.efil.fr